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Le Antsa sakalava
“On chante le antsa signe de noblesse”

     Les origines sakalava du antsa servaient les ambitions hégémoniques d'Andrianampoinimerina sur toute l'île, comme en témoigne le récit de son adoption par le roi : « Rambolamasoandro (épouse sakalava du roi) présente son Dieu, l'idole Manjakatsiroa, au Roi qui lui demande ses exigences. La princesse lui répond : “on bat le hazolahy, signe de suprématie et on chante le antsa signe de noblesse”. Pour satisfaire la curiosité du Roi, Rambolamasoandro appela des Sakalava, 30 hommes et 50 femmes qui exécutèrent le antsa. Andrianampoinimerina apprécia car l'épouse, il l'a reçue pour compagne, le Dieu, il l'a reçu pour prier, le antsa est un beau divertissement, le hazolahy est un signe de noblesse ! ».


... deux styles de Antsa...

     Il y a deux styles de antsa sakalava littéralement chants sakalava: un chant de louanges au souverain chanté a capella réservé à un cercle restreint, et le antsa du cortège qui accompagne le roi lors de ses sorties officielles. Composé de femmes chantant et dansant, d'hommes frappant le hazolahy (tambour sacré) et d'un coryphée soufflant par intermittence le angaroha ou l'antsiva (conque marine sacrée), ce cortège de chanteurs-danseurs-musiciens pouvait se scinder en deux parties, l'une ouvrant le passage du roi, l'autre le fermant.



     Les mpiantsa portaient une longue robe blanche de coton. Les mpiantsa revêtues d'une robe descendant jusqu'aux chevilles, la tête serrée dans un mouchoir rouge, la main droite agitant en cadence une écharpe en signe d'ovation, répètent en esquissant un léger mouvement de danse, une mélodie entonnée par le coryphée. Devant elles, au son d'une conque marine soufflée avec rage à la manière d'un héraut, une trentaine d'hommes, la tête enveloppée également d'une sorte de turban rouge, un énorme pagne rose autour des reins, poussent par intervalles des cris gutturaux et bizarres, exécutent des danses. Les chanteuses, cette fois, sont divisées en deux groupes : le premier groupe, appelé chanteuse de droite, entonne avec feu les premières mesures ; le deuxième groupe, chanteuse de gauche, lui répond en partie, plus animée.
     L'hymne recommence invariablement jusqu'à défaillance du coryphée. En dépit de sa rusticité, chanté par des voix de femmes et la piété qu'il comporte, il respire un je ne sais quoi d'oriental, de doux et de suave.
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