Famadihana ou Exhumation funéraire qui fait partie du culte des ancêtres.
Elle a lieu pendant la saison sèche et qui consiste à renouveler
le linceul du défunt quelques années après sa mort. C'est
l'occasion d'une grande fête (chants, danses, grand festin) où
tout le village est invité.
Chez les Merina, peuple des hautes terres, le « Famadihana » ou l'Exhumation funéraire-, est une fête essentielle où dans l'allégresse,
se retissent les liens communautaires. Exhumer et célébrer les
morts, c'est se retrouver, se saluer, échanger nouvelles et
plaisanteries : bref donner un sens à sa vie. Dans la cosmogonie
malgache, les « razana » -ancêtres- bénissent et protègent
les vivants. Aimés mais aussi craints, sorte de divinités
jalouses, capables des pires vengeances, il faut les célébrer en
toute occasion. Il existe bien un créateur supérieur,
Andriamanitra, détrôné chez 40 % des Malgaches par le dieu chrétien.
Mais tous les deux sont inaccessibles, et on préfèrent parler
aux « razana ». Les « razana » apparaissent dans les songes de
leurs descendants, disent que dans leur caveau humide, ils
commencent à avoir froid, et réclament un nouveau linceul. La
famille est alors allée trouver le « mpanandro » -devin- qui a
lu dans les astres une date favorable au cérémonial. Ce sera,
comme le veut la tradition, à la saison sèche, entre juin et
septembre.
La nuit venue, les femmes font bouillir de grosses marmites de
riz. Pour que chacun mange à sa faim, on a également sacrifié un
porc et un zébu. Et puis le « toaka gasy », le brûlant rhum
local coule à flots. Un orchestre en nage fait chauffer
trompettes, tambours et accordéons jouant des gigues endiablés : jusqu'au matin, la
foule se démène, lance des invocations aux morts.
Le lendemain, c'est au milieu des chants, en chaloupant sur les
épaules de ses porteurs, que le mort venu d'autre tombeau
s'achemine vers sa dernière demeure. L'orchestre suit : les
trompettes ont des résonances solaires, les tambours des
roulements telluriques.
Pendant que le chef du village prononce son discours à la gloire
des défunts, l'assemblée pousse des cris où se mêlent pleurs
et joie. Armés de pioches, des hommes descellent les dalles défendant
l'accès du caveau. Lorsque les morts emmaillotés sont transportés dans la poussière
rouge du dehors, leur proximité achève d'électriser les
vivants. On se presse pour les toucher, leur parler, demander de
leurs nouvelles, un vieil homme tend son chapeau pour leur offrir
une quête de menue monnaie. Dans la confusion, la famille change
délicatement la natte et le « lambamena » - linceul de soie,
qui enveloppent leurs restes.
Les morts, pourtant, ne doivent pas « revivre » trop longtemps,
leur demeure reste l'au-delà. Aussi, porte-t-on les razana pour
une dernière danse, en faisant sept fois le tour du tombeau.
Autant pour leur présenter les nouveaux membres de la famille que
pour créer une rupture symbolique avec le monde des vivants.
Bientôt, le tombeau se referme sur eux, les ancêtres ont été
honorés : ils veilleront à la prospérité de leurs descendants.
« Un mort n'est jamais mort tant qu'un vivant se souvient de
lui ».