1978 :
Izaho lokanga ianao valiha 1980 : Babay
sa Lovohitra 1988 :
Tabataba Quinzaine des réalisateurs
Cannes Prix du public de la ville de
cannes Prix du jury Taormina Prix de la
première œuvre Carthage
1994 : Le
jardin des corps 1996 : Quand
les étoiles rencontrent la mer
R
aymond Rajaonarivelo a quitté Madagascar après le bac
pour venir en France faire des études
cinématographiques. Après celles-ci, il a
participé à plusieurs films en tant qu'assistant-réalisateur avant de passer derrière la caméra
avec sa première réalisation en 1978 « Izaho
lokanga, ianao valiha », un court métrage basé sur
le très beau poème du poète malgache Dox. En
1988, il a présenté Tabataba son premier long
metrage à Cannes dans la prestigieuse selection de
la Quinzaine des réalisateurs, pour lequel il a
recu le prix du public, ensuite le film a obtenu
le prix du Jury de Taormina en Italie et le prix
de la première œuvre à Carthage. Quand il était plus
jeune il était fasciné par le ciel, et les nuages. Dans les nuages, il y a toujours des histoires à inventer quand on est jeunes dit-il. Tel nuage devient une
image. C'est cela qui l'a dirigé vers le
cinéma : l'envie de raconter des histoires en
images.
Tabataba était un film très personnel et poétique. Raymond Rajaonarivelo est un cinéaste et une personne qui aime la poésie. « Il y a comme un duo d'amour entre la poésie et moi » déclare-t-il. C'est pour cela que son premier film emprunte au
poème « Izaho
lokanga, ianao valiha » de DOX. En même
temps, il est toujours à la recherche de la Beauté avec
un grand B. C'est pour cela qu'il prefere faire des
images en relation avec cette recherche et emprunt de
poesie !
Dans cette quête de la Beauté et de la Perfection, il se référe à Wong Kar Wai et son film « In the mood for love » (cinéaste hong-kongais). Plus lointain, Akira kurusawa (certainement le grand plus cinéaste japonais) . Il aimera bien un jour arriver à faire des films qui se rapprocherai de cette beauté. A ses yeux, il faut aller plus loin dans cette quête.
Sa philosophie ne se fait pas au détriment du scénario. A son avis, faire un film c'est comme écrire de la musique, bien placer les points d'orgues au bon endroit pour le rythme, et le transport de l'emotion. Le scénario c'est la premiere charpente, il n'a jamais collé au scénario, il va toujours plus loin, vers les images qui portent les emotions.
Raymond Rajaonarivelo et « Mahaleo »
« Mahaleo », c'est son premier film sous forme
de documentaire et en co-réalisation avec César Paes. Cela a changé sa manière de filmer. Là, il était dans une
recherche de gens et dans une recherche d'histoires, une
histoire avec le reel, alors que dans ses autres films
c'est lui qui creait le reel. Cette contrainte est super
interressante pour lui. Il a appris enormement de
choses. Dans la réalisation du film « Mahaleo », il avait un peu l'avantage de connaître depuis longtemps les Mahaleo
personnellement. Mais malgré cela, on les ai filmés
comme si c'était des inconnus. L'équipe les a filmé dans
leur quotidien d'homme, de travailleur et de chanteur.
C'était à lui et César Paes après d'écrire un film avec tous ces
éléments du réel. Les membres du groupe Mahaleo ne s'attendaient pas à ce
film tel qu'il est ? Au début, ils pensaient que ca
allait être un simple reportage sur leurs vies alors que
leurs vies est un prétexte à faire un film sur les
malgaches et Madagascar en général. C'est le portrait
d'un pays que les co-réalisateurs ont fait à travers les chansons de
Mahaleo. Raconter les Mahaleo, c'est raconter les
malgaches et Madagascar.
L'auteur-réalisateur né
La BO du film « Mahaleo » est magnifique. Tout colle à la perfection : images et chansons. On a fait traduire toutes les chansons de Mahaleo à leur possession pour que César Paes et Agnes la monteuse, puissent comprendre. Marie clémence qui est malgache connaissait déjà une partie du répertoire et pour sa part, Raymond Rajaonarivelo, comme pour tout
malgache, les chansons de Mahaleo font parti de son
histoire. Ils ont écouté énorment de chansons, même
les inédites … On a fait un vrai travail d'archives.
Puis nous avons choisi ensemble les chansons du film, en
fonction de leur thème et de leur poesie.
Après avoir fini le montage, ils sont retournés
présenter le film au groupe Mahaleo à Madagascar. Un soir, il était allé à la maison de campagne de ses grand parents à quelques km de Tana. Sur le chemin deja dans
sa tête, Raymond Rajaonarivelo entendait les chansons du film. Puis arrivé à la maison, il y avait des paysans qui l'attendaient.
Ils voulaient lui parler de leurs problèmes de riz, d'eau, de leurs vies etc… Il s'est cru vraiment dans le film.
Et là il s'est dit qu'ils ont fait un film très « juste » et « vrai ». C'est aux spectateurs d'aimer ou pas.
Il a un scénario qui raconte le destin de 3 femmes malgaches qu'il aimerait tourner.
Plus connu à l'étranger que dans son pays
Ses deux précédent long métrage ont été presents au Festival de Cannes et ont fait le tour du monde. Dans le milieu du cinéma international,
quand on pense à un cinéaste malgache, c'est un peu vrai
que c'est à Raymond Rajaonarivelo que l'on pense.
Tous ses films sont
malgaches, tournés en malgaches, mais ont aussi une
ecriture universels et peuvent être compris par
n'importe quelle sensibilité. Ceci étant, les hautes
spheres de la Culture malgache ne lui reconnaîssent pas
comme un de leur.
Manque d'écriture cinématographique, le travail des images
Il faut agir, faire des films, c'est bien et cela va dans le bon
sens. Tout cela est louable et s'amèliorera au fil du temps. Ce qui manque encore c'est l'écriture
cinématographique, le travail des images. C'est par la parole que le spectateur comprend l'histoire. Par
exemple, pour montrer une situation d'amour, on va
faire dire aux acteurs « je t'aime » alors que l'image
dit plus de choses que les mots. On devrais portant
maitriser cela car notre propre langue est une langue
allégorique. Dans ces films video la parole remplace
l'image ce qui est dommage et c'est la dessus qu'il faut
travailler, sur la mise en scène. Le spectateur malgache abreuvé de
vidéos série Z et de films hollywoodiens manquent aussi de culture cinématographique pour apprécier la
valeur d'un film
Il serait prêt à travailler pour des productions « malagasy ». Son rêve ultime de réalisateur : faire des films et encore faire des films.