Mariette Andrianjaka, le chantre de la gastronomie malagasy

 ••• AU SUMMUM DE SON ART ••• 

Mariette Andrianjaka

Mariette Andrianjaka, un nom, une légende vivante, haute figure de la gastronomie malgache, elle tient une table d’hôtes à Faravohitra (Antananarivo). Cette chef chevronnée est toute aussi passionnée que passionnante ! Intarissable, oui elle l’est sur sa cuisine, dont les préparations sont inspirées de celles servies au temps des rois. Ces plats accompagnés du fameux riz rouge, mondialement connu, et produit uniquement à Madagascar. Ce qui m’attriste, déplore-t-elle est « le fait que le « Hay fy malagasy » — la gastronomie malgache — soit méconnue et même inconnue des Malgaches, limitée seulement par la seule appellation « sakafo ». Ils négligent tout ce qui est valeur dans l’art de cuisiner et de savourer », alors que la cuisine est tout un art et même toute une science. Je suis sûr que beaucoup d’entre nous ne savent même pas que les principales bases d’une recette réussie sont le sucré, le salé, l’amer et l’acide.


Histoire et meilleurs souvenirs

Mariette Andrianjaka
Toujours attentive à ses hôtes étrangers ou non...

Dans un cadre verdoyant et paisible, la table d’hôte de Mariette Andrianjaka peut accueillir près d’une trentaine de personnes. Toutefois, elle souligne qu’« actuellement bon nombre de Malgaches commencent à apprécier le vrai « sakafo gasy ». Elle a commencé dans les années 60, elle était, sous la Première République, la concessionnaire de tous les buffets du Chemin de Fer Malgache. Elle s’était alors fait un nom à l’étranger et même dans les quatre coins du monde. Mais elle a bâti sa célébrité en cuisinant pour « Les Grands de ce monde » à l’instar du Président français, François Mitterrand et du Prince Albert de Monaco, lors de leur passage respectif à Madagascar. En outre, elle a représenté Madagascar à l’« Expo 2000 » en Allemagne lors du « Vary amin’anana party ». Son dernier repas officiel fut pour le 57ème anniversaire du président de la République, Marc Ravalomanana, à Iavoloha. Mais son meilleur souvenir reste le « Sheraton Hôtel » de Munich en 1996 où fut servi un buffet gargantuesque de 700 repas. Un grand chef a toujours ses petits secrets de cuisine. Pour le chef, la réussite se base surtout sur la naturalité des aliments. Ainsi, revaloriser les campagnes et utiliser les produits naturels font partie des secrets de la gastronomie de Mariette Andrianjaka.

Mariette Andrianjaka, diplomée de l'Ecole hôtelière de Nice et titulaire d'une médaille de Cordon Bleu de France, est une de nos plus fervents ambassadeurs culturels. Elle prend à chaque fois un réel plaisir de dispenser un cours de cuisine et parler de la gastronomie comme dans une école d'art, cela se fait rarement et uniquement dans sa tâble d’hôte à Faravohitra. Elle ne se contente plus de flatter le palais des convives internationaux qui affluent à sa table d'hôtes, avec des plats de sa composition dans le plus pur esprit malgache, mais parcourt également le monde pour faire apprécier l'art culinaire de Madagascar sous d'autres cieux.

Un héritage pour tous les Malgaches

Mariette Andrianjaka Les grands banquets, Mariette en a l’habitude, ici ou ailleurs.

Cinquante ans de recherches approfondies et de pratique lui ont permis de mettre la gastronomie malgache sur le devant de la scène. Au summum de son art, elle se retrouve aujourd’hui dans l’annuaire de la « Grande Cuisine ». D’où son livre de cuisine comprenant 200 recettes typiquement malgaches, le « Hanim-pitoloha », le « Asaramanitra », le « Varanga mialon-taona », etc... L’héritage de la gastronomie malgache, Mme Mariette la lègue à tout le monde par son livre de cuisine classé patrimoine mondial par l’UNESCO mais aussi par son école de cuisine. Ce dernier projet lui tient personnellement à cœur. L’école ouvrira ses portes l’année prochaine et formera des formateurs, qui instruiront les Malgaches à bien manger, spécialement dans les campagnes. Mais elle compte également créer un musée en mémoire de son mari Ludger Andrianjaka et sa musique.

Palmarès

Mariette Andrianjaka « J'avais toujours été passionnée de bagnole. »

Mariette Andrianjaka est une des pionnières qui avaient osé délaisser leurs casseroles – mais pas pour longtemps – pour venir croiser le volant avec des férus comme elle, faisant trembler leurs maris et leurs proches, venus en spectacteurs, à chaque virage pris en trombe sur le circuit des rallyes à Madagascar. « Aussi loin que je me souvienne, raconte-t-elle, j'avais toujous été passionnée de bagnole. Une vraie dingue !. » C'est à bord d'une Audi 100 LS que Mariette Andrianjaka signa ses plus beaux faits d'armes. Son meilleur souvenir ? La première place – réelle – dans un certain rallye sponsorisé par Fiat, en 1968. Un événement qui allait pourtant lui laisser un goût amer puisque, faisant partie de l'écurie Materauto, elle eet sa coéquipière dûrent s'effacer au profit d'un concurrent, arrivé en fait en seconde position, mais qui eut la chance de porter les couleurs de Fiat... Une situation que les deux dames acceptèrent, sans rechigner. D'ailleurs, le fair-play, l'esprit sportif, Mariette Andrianjaka en a toujours fait sa devise dans la vie.

« Un travail bien fait est un plaisir hors du commun » réitère Mariette. Seule femme couronnée du titre de « Commandeur des Cordons Bleus de France », elle est également membre de la « Confrérie des Grandes Toques » depuis 1985 et est une « disciple d’Escoffier », le plus grand des ambassadeurs de la cuisine française. Délégué Général de l’Institut de la gastronomie française pour l’Océan Indien.

Mariette Andrianjaka

Le prestigieux « International Awards for Tourist, hotel and catering industry » lui a été décerné en janvier 1997 à Madrid en Espagne. Elle a également « l’International Award for gastronomy ». Elle arbore fièrement ses titres et ses décorations. Mais derrière ces distinctions, un travail d’arrache-pied marque son quotidien. « J'ai déniché les recettes de nos fameux "hanimpitoloha" du temps de Radama, au Museum de Londres (...) ». Depuis, elle a cuisiné en suivant scrupuleusement la recette, et tous ceux qui en ont goûté n'ont pas tari d'éloges sur ces plats légendaires. Sous sa blouse blanche et sa toque, Mariette est une vraie passionnée du volant et de la vitesse, elle est une grande pilote. De 1960 à 1972, issue de l’écurie Mercedes, elle a remporté plusieurs fois des trophés. Très sportive, elle aime également la natation.

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