La région centrale se prête à toutes sortes de randonnées vers de petits villages traditionnels et coupés du monde. Vous pourrez randonner dans des villages authentiques (comme on dit) et accueillants, éventuellement faire un saut du côté d’Andasibe pour visiter le parc et la réserve, où chante l’indri. Il est possible de louer un vtt, et de s’enfuir dans les collines sacrées qui entourent Antananarivo, à la recherche des ancêtres. En juillet et août, vous pourrez assister à de nombreux « famadihana » ou exhumations.
Vous pourrez également visiter des lacs de cratère près d’Antsirabe, visiter des ateliers, etc. (si possible des villages d’artisans). A savoir : les randonnées dans cette région sont d’une puissante beauté, et demandent au moins trois jours supplémentaires. A Antsirabe également, il est possible de prévoir de superbes randonnées avec logement dans des gîtes ruraux.
Randonnée dans le parc de Ranomafana.
Randonnée dans le parc de l’Andringitra.
Pratique
LECTURE ET LOISIR, sur la route des Hydrocarbures, à côté du Jumbo, dans la galerie Zoom, vend des Guides de randonnée, romans, essais historiques…
CARTOGRAPHIE : FTM (Foibe Taosarintanin’i Madagasikara), Route Circulaire, propose un vaste choix de cartes (plus ou moins à jour) dont les 12 cartes au 1:500 000e, idéales pour connaître une région précise (Diego, Mahajanga, Antalaha, Maintirano, Toamasina, Morondava, Antananarivon Toliary, Fianarantsoa, Ampanihy et Fort-Dauphin). Egalement des cartes pour les randonneurs.
MATERIEL DE RANDONNEE
C.S. EVENTS (Route du Mausolée, Andrainarivo). vous conseille pour préparer au mieux vos randonnées dans les grands espaces malgaches. Cette société spéalisée propose des tentes, des lampes, des GPS, des sacs à dos, des sacs de couchage, et toutes les choses utiles qui font les joies des marcheurs.
ANTSAHADINTA, un lieu privilégié pour connaître l’histoire des Merina
Antsahadinta, ou "Le Champ aux sangsues" se trouve à 20 km environ au sud de la capitale. Pour s’y rendre, il est possible de prendre un taxi-brousse depuis le lac Anosy, à Tana. La route est très mauvaise sur la fin. Compter 3 000 FMG. Entrée du site payante, mais ce n’est pas très cher. Lors de notre passage, le guide était un licencié d’histoire (!) qui connaissait extrêmement bien son sujet : très plaisant de s’entendre raconter les mille et une anecdotes de la conquête des hauts plateaux ou les rapports avec les ethnies côtières.
Au milieu des arbres royaux séculaires, Amontana (ficus Baroni et ficus trichophlabia) et Aviavy (figuier) – des arbres autrefois seulement plantés sur des sites nobles, car les ancêtres les considéraient comme sacrés, pénétrés d’une force magique –, dans l’une des rares forêts des ancêtres qui subsistent sur les Hautes Terres (où jadis pullulaient des petites sangsues, dinta en Malagasy, d’où son nom), à 1 404 m d’altitude, Antsahadinta est un lieu privilégié pour connaître l’histoire des Merina et méditer tranquillement devant de superbes paysages. Les vestiges historiques du XVIIIe siècle, comme les tombeaux des différents souverains, les fossés de fortification ou les cases en bois ne sont pas aussi bien conservés qu’à Ambohimanga, mais le charme opère quand même. En plus, il y a fort à parier que vous vous retrouverez presque seul, ce qui est très appréciable pour s’imprégner pleinement de l’atmosphère des lieux. Le premier roi dont on ait connaissance ici fut Andriamangarira (vers 1725). C’est lui qui creusa sept fossés (hadivory) pour fortifier la ville. Vers 1794, Antsahadinta devint l’une des douze collines sacrées d’Andrianampoinimerina, qui y plaça son épouse Rabodozafimanjaka. Celle-ci et son père Andriantsiramanjaka, prince d’Alasora, construisirent le rova ou palais royal, un vaste quadrilatère d’environ 500 m2, afin d’abriter les maisons, les tombes royales et le kianja (lieu où l’on prononce les discours et les édits royaux). Le tombeau du premier roi est en revanche bâti sur un rocher (que l’on peut voir à l’entrée du site). Cependant, la reine fut accusée de comploter contre le grand roi son époux, et dut subir l’épreuve du tangena (un violent poison faisant office d’ordalie – ou jugement de Dieu), à laquelle elle succomba.
Plus tard (en 1825), Radama I construisit une école où l’on apprenait à travailler l’argent et surtout la soie. Des missionnaires anglais étaient chargés de l’éducation et de la formation des jeunes enfants, et sont très probablement à l’origine de l’église réformée (protestante), qu’on dit l’une des plus vieilles de l’Imerina, et qui fut remaniée plusieurs fois par la suite, comme en témoignent les stèles commémoratives à l’intérieur. N’attendez donc aucune merveille incomparable à Antsahadinta : mais le site est très agréable, le petit musée bien conçu et passionnant, et les alentours fascinants, tant pour les paysages que pour les populations rencontrées, très accueillantes. L’occasion de passer une excellente journée culturelle autour d'Antananarivo et de s’échapper du tumulte des rues congestionnées.
AMBATOMANGA, le Rocher bleu
A la fin du XVIIIe siècle, un jeune roi, Andrianampoinimerina (le seigneur cher au cœur de l’Imerina) (1745-1810), réunifie l’Imerina par la diplomatie, les alliances et, en dernier recours, par les opérations militaires. Les royaumes locaux d’Ambohimanga (la Colline bleue), d’Ambohitrabiby (la Colline des animaux) et d’Ambatomanga (le Rocher bleu) se rallient. La capitale est installée à Antananarivo. Andrianampoinimerina organise durablement l’Etat : le système féodal institué sous son règne fonctionnera pendant plus d’un siècle, jusqu’à la fin de la monarchie malgache. Souverain charismatique, il sait prendre la tête des armées en campagne et s’adresser directement à la population.