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Antananarivo a 400 ans

 VOYAGE AU CŒUR DE L'IMERIN'AMBANIANDRO 

Le Palais d'Andafiavaratra

Antananarivo, située à un point stratégique des Hauts-Plateaux fut dans un passé lointain tenue par les souverains primitifs « vazimba » avant d'être prise en 1610 par le roi Andrianjaka qui y installa une garnison de mille hommes, d'où son nom. Imerin'ambaniandro, s'étendent les Hautes Terres de l'Imerina. Ici, au XVIIIe siècle, s'est constitué le royaume qui donna naissance à l'Etat malagasy, lorsque le roi Andrianampoinimerina énonça son objectif d'unir tous les peuples de la Grande Île. Sa devise est « Ny arivo lahy tsy maty indray andro » où « les milles hommes ne peuvent pas mourir en un seul jour ».

Antananarivo, appellée familièrement Tana, est la capitale de Madagascar. Située au milieu de l'axe nord-sud du pays, elle constitue réellement la porte d'entrée du tourisme malagasy. C'est là que convergent vols internationaux et nationaux, et qu'on y transite obligatoirement pour réduire les distances d'une région à l'autre.

Nous vous conseillons de rester dans la capitale, Antananarivo, d'en saisir l’essence profonde, et de visiter quelques villages et Rova de l’Imerina, dans la région des hauts plateaux. Un parcours historique et coloré sur les traces des rois Merinas qui ont uni les peuples de Madagascar, en compagnie de l’une des populations les plus attachantes du pays, sur fond de rizières infinies.




Que ce soit dans la ville haute ou dans la partie basse, il faut se laisser aller au hasard et c'est ainsi qu'on appréciera le mieux les « mille visages » de cette ville aux « mille villages ». Il est nécessaire cependant de se fixer quelques points de repère faciles, tels que le lac Anosy, le marché du Zoma, le Palais de la Reine. A visiter ce dernier car bien que réduit à l'état de nobles ruines par un incendie criminel un 6 novembre 1995, en cours de reconstruction actuellement, il est invitation à remonter le temps (lieu de sépultures royales). L'évocation du passé notamment des célèbres reines de Madagascar se poursuit dans l'ancien palais du Premier ministre (Palais d'Andafiavaratra), un bâtiment fin XIXe où sont exposés vaisselle, objets d'apparat, parures et autres documents sauvés des flammes.


Repères historiques

Le 17e siècle
  • 1610-1630. On accorde à Andrianjaka, roi Hova, la prise au roi vazimba, Rafandrana, de la plus haute des 12 collines de l'Imerina (1468 m) appelée « Analamanga » (la colline bleue). Andrianjaka y fit bâtir un « rova » (une forteresse) défendu par près de mille hommes. D'où son nom d'Antananarivo, « la cité des mille ». N'ayant aucun document écrit, antérieur au témoignage du français Nicolas Meyeur et à son écrit qu'il fit après son voyage à l'intérieur de l'île en 1777, l'histoire de la création d'Antananarivo n'est basée que sur des traditions orales.
Le 18e siècle
  • 1710 Andriamasinavalona, Roi d'Antananarivo partage son royaume entre ses 4 fils. Division de l'Imerina
  • 1777 Le français Mayeur est le premier européen à visiter Antananarivo et en donne pour la première fois un récit écrit.
  • 1794 Ramboasalama alors prince d'Ambohimanga (plus tard, appelé Andrianampoinimerina), s'empare d'Antananarivo pour restaurer l'unité merina. Il règnera jusqu'à sa mort.
Le 19e siècle
  • 1810 Radama I prend les rênes du pouvoir à Antananarivo
  • 1817 Le sergent Hastie, envoyé anglais, arrive à Antananarivo pour obtenir l'abolition de la traite des esclaves
  • 1820 Arrivée du pasteur Jones de la LMS. Ouverture de la première école à Ifidirana
  • 1824 Début des travaux de traduction de la Bible en Malgache
  • 1826 Arrivée de James Cameron
  • 1827 La première imprimerie fonctionne à Antananarivo
  • 1832 Arrivée du français Jean Laborde
  • 1839-40 Construction du Palais de la Reine (Manjakamiadana)
  • 1849 Le 28 mars, Martyre des chrétiens
  • 1852 Construction du tombeau du Premier Ministre, à l'initiative de la Reine Ranavalona I qui devait faire appel à l'anglais Cameron et au français Jean Laborde
  • 1868 à 1880 Cameron devait contribuer à doter la ville de nombreuses maisons de briques, supplantant les constructions en bois, seules permises auparavant
  • 1861 Le médecin, Dr Andrew Davidson de la LMS, fonde le premier dispensaire
  • 1862-63 Règne très court du Roi Radama II
  • 1863-68 Règne de la Reine Rasoherina
  • 1868-83 Règne de la Reine Ranavalona II
  • 1883-95 Règne de la Reine Ranavalona III. Ces trois règnes successifs marquant le retour des architectes et des missionnaires européens qui fortement inspirés des temples, églises et cathédrales d'Europe commencent à bâtir des édifices religieux : Ambohipotsy (1863), Ambatonakanga (1864), Ampamarinana, Faravohitra, le petit temple à l'intérieur du Rova, la cathédrale catholique d'Andohalo et la cathédrale anglicane St-Laurent d'Ambohimanoro.
  • 1895 Le 29 septembre marque la prise d'Antananarivo par les forces françaises commandées par le Gal Duschesnes
  • 1896 Le 6 août, Madagascar est déclarée colonie française
  • 1896 Le 16 septembre, l'arrivée du Gal Galliéni donne à Antananarivo un nouveau statut, celui de la capitale de Madagascar. La ville se transformera alors : construction de nouvelles voies urbaines, création d'écoles primaires, fondation de l'Académie Malgache (1902), de l'Ecole de Médecine (1897), de l'Institut Pasteur (1898), de l'Assistance Médicale (1899)
  • De 50 000 habitants en 1895, la capitale atteint les 70 000 habitants en 1925. Elle subit des aménagements et transformations : création de nouveaux quartiers dont celui d'Antaninarenina (quartier administratif), celui d'Analakely (quartier commercial) dont le marché sera aménagé en 1925 ainsi que les percements des tunels Hubert Garbit et d'Ambanidia. Depuis, la ville poursuit son extension : 160 000 habitants en 1946, 200 000 habitants en 1954 et le recensement général de la population et de l'habitat effectué en 1993 nous apprend que plus d'un million d'âmes vivent aujourd'hui dans le « Grand Antananarivo »

Antananarivo et ses environs

Antananarivo s’étend, tentaculaire, bien au-delà des collines. Les nuages blancs défilent lentement dans le bleu intense du ciel. Au lever du soleil et en fin de journée, les douces couleurs évoquent inévitablement celles de tous les villages qui entourent les douze collines sacrées  entre lesquelles s’étend la capitale malgache. On verra alors les ombres des arbres et des collines s’allonger doucement, l’ocre des maisons devenir or sous la lumière, et toute la plaine de la "Cité-des-milles-guerriers" s’embraser lorsque le soleil atteint l’horizon. Si Antananarivo ne constitue pas une destination en soi pour la plupart des voyageurs, elle séduira immanquablement ceux qui prennent le temps de la découvrir. L’offre hôtelière y est généreuse, les bons restaurants ne sont pas rares, la vie culturelle et nocturne prend une nouvelle ampleur, et les environs se prêtent à toutes sortes d’excursions en connivence avec une vie rurale traditionnelle. Plusieurs jours sont vite passés, si l’on fait fi d’un chaos urbain parfois déstabilisant.
Ville d’altitude (elle s’étage entre 1 240 m et 1 470 m), capitale à dimension humaine (peu de gratte-ciel, de nombreuses maisons à un ou deux étages parmi lesquelles dominent les superbes constructions de brique des hauts plateaux), cité secrète (ruelles, terrasses, escaliers, gradins), Antananarivo est une métropole tout en relief.
Le touriste qui débarque d’Occident sera probablement frappé par l’indécente pauvreté, par l’invraisemblable chaos qui règne dans les rues (aux heures de pointe, la conduite relève du grand art), ou par la pollution (vraiment désagréable, surtout dans les étroites ruelles du centre). Mais il aurait tort de quitter sans autre forme de cérémonie une cité qui ne se découvre qu’au fil des promenades ; il peut être en effet bien agréable de flâner parmi les vestiges du passé : édifices à colonnades, lambris, vérandas foisonnent un peu partout… L’architecture coloniale donne à la ville un charme un peu suranné. Car Antananarivo est aussi une ville historique. Lorsqu’au XVIIe siècle, le roi Merina Andrianjaka soumet la cité Vazimba d’Analamanga (la forêt bleue), il fait installer son palais sur le site stratégique le plus élevé – site de l’actuel Rova – et décide de faire de ce lieu sa capitale, qu’il nomme Antananarivo, la cité des mille guerriers.
À la fin du XVIIIe siècle, le roi Andrianampoinimerina, le seigneur cher au cœur de l’Imerina, organise l’administration territoriale du royaume. La capitale y tient un rôle majeur. Elle est successivement le lieu du pouvoir de Radama Ier, de Ranavalona Ire, de Rasoherina, de Radama II, de Ranavalona II et de Ranavalona III, le siège des résidents de la période coloniale et, enfin, la capitale politique de la République.
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 Création : 30/10/2006

 Mis à jour : 27/07/2010

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